Malgré les tracasseries à l’aéroport de Nouakchott, Hafia FC arrache le nul !
AFIA de Guinnée VS AS Douane Mauritanie
- Publié par Aidara cheikh --
- Sunday, 06 Sep, 2026
Tout à l’heure, Hafia FC a fait match nul (2-2) dans le cadre de la phase aller des éliminatoires de la Coupe de la Confédération face a l’AS Douanes, au stade Cheikha Boidiya. Dans les deux camps, il y a eu de beaux buts, des gestes techniques comme dit Thiarthioura mais aussi beaucoup d’errements des arbitres FIFA.
Plutôt dans l’après-midi, les lumières du stade scintillaient, dans un ciel mi-nuageux. Cette fois-ci, elles n’étaient pas épileptiques ou borgnes. Mais on avait pas besoin. Le match se jouait en journée.
Par contre, après le coup de sifflet final, les lampes du stade ont été éteintes trop tôt visiblement. À moins que la soit une coupure d’électricité qui touche le complexe arrimé à la fédération. Et même là, un groupe devrait démarrer automatiquement. L’équipe visiteuse a donc du s’éclairer à la lampe torche, dans les vestiaires. Sans blague !
Cette disparition soudaine de l’électricité, a ravivé le souvenir douloureux, d’une arrivée chaotique en terre Mauritaniens.
Bien que la Fédération Mauritanienne ait aidé la délégation à faire ses formalités de voyage (visas) avant l’arrivée à Nouakchott, il n’en demeure pas moins qu’elle a laissé en rade, une dizaine de joueurs et membres du staff de Hafia FC sur le carreau, à l’aéroport de Nouakchott au beau milieu de la nuit.
Le motif évoqué est une procédure administrative en lien avec les visas. Mais pour qui connaît comment ça fonctionne à l’aéroport, lorsqu’on ta demande est validée, tu paie à l’arrivée 55 euros et ensuite on t’enrole (empreintes, cachet…).
Mais pour Hafia FC, les choses se sont déroulées autrement. Arrivée à 1h du matin, l’équipe visiteuse a passé la nuit dans un aéroport où les commodités sont spartiates.
Désabusés, livrés à eux-mêmes, joueurs, membres du staff et dirigeants ne sortiront de l’aéroport que le lendemain à 13h, sous condition de revenir plus tard.
Du coup, après le premier galop au stade Sebkha, au lieu d’aller à l’hôtel récupérer, ils ont été contraints de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour enfin voir le bout du tunnel. Affligeant.
En 2018, j’ai eu l’opportunité de collaborer avec la fédération de football sur l’organisation du sommet exécutif de la FiFA. Des centaines de visiteurs étaient là, venus des 4 coins du monde. ils ont eu toutes les facilités du monde.
Chaque année, des équipes viennent ici affronter le champion de Mauritanie et le vainqueur de la coupe en face préliminaire des compétions CAF. Tous ont été bien accueillis, ont eu des facilités.
Nos officiels sont désignés à la CAF, on n’organise même des compétions de petites catégories, de femmes.Pourquoi est-ce que Hafia FC a du se démener seul, et de cette façon?
En 1932, Ferdinand Céline écrivait un chef d’œuvre. Le voyage au bout de la nuit, relatant les affres de la guerre, l’horreur des tranchées, l’incompétence des chefs et la fébrilité du hero, Misteur Bardamu. Hafia a aussi eu son voyage au bout de la nuit.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Mauritanie, trait d’union, terre d’hospitalité, n’a pas été fair-play avec les guinéens de Hafia FC. Ces désagréments sont indignes.
Lorsqu’un visiteur arrive, la culture, le bon sens et les règlements du football veulent qu’il soit bien accueilli. Quand il est en tort, on l’oriente, on l’aide, on compatit.
C’est donc l’image que beaucoup d’entre eux garderont de la Mauritanie. Un visage hideux, qui pourtant, aurait pu être le plus beau, avec un peu de volonté et de diligence.
Le cas de Hafia FC devrait servir d’exemple, pour que plus jamais, une équipe de football ne soit contrainte de rester dans l’aérogare, pour un 0 ou un O de trop ou de travers.
La logistique devrait intégrer un point focal en charge de réveiller le monde entier à 4h du matin s’il le faut, pour que le visiteur soit à l’aise. A défaut, il faut conseiller aux équipes d’amener avec elles de sacs de couchage.
Car demain, nous irons aussi chez eux. Et nous aimerions être traités comme des rois.
Avant, pendant et après le football, le fair-play doit toujours prévaloir.
Par Amadou Sy
