Manifestants bastonnés, le dialogue national perd sa pertinence

Répression d'une manifestation contre la hausse des prix des hydrocarbures

MANIF GAZOIL 2026 AVRIL

A l’heure où le régime de Mohamed Cheikh Ghazouani s’embourbe dans un dialogue politique largement salué par une partie de la classe politique, majorité présidentielle et opposition, une manifestation pacifique organisée dimanche 5 avril 2026 à Nouakchott condamnant la hausse du prix des hydrocarbures et du gaz domestique a été réprimée dans le sang. Cette violation incessante des dispositions de la Constitution qui garantissent le droit à manifester vient ainsi consolider la volonté manifeste du régime à bafouer toutes les règles constitutionnelles, telles que l’enfreint que la majorité au pouvoir tente d’imposer aux dispositifs relatifs aux mandats du Président de la République.

Comme dans les pires des dictatures qui ne tolèrent aucune voix discordante ni la manifestation d’aucune opposition aux décisions inique et péremptoires prises par le pouvoir en place, la manifestation du dimanche dernier a été marquée par une sauvagerie sans précédent des forces de l’ordre face à des manifestants pacifiques en plein exercice de leurs droits constitutionnels.

En effet, des centaines de policiers harnachés comme s’ils étaient en guerre contre un ennemi extérieur, ont usé de leurs matraques, de leurs coups de pieds et de bottes ainsi que de leurs bombes lacrymogènes pour disperser la foule.

Plusieurs blessés ont été noté du côté des manifestants, des arrestations, ainsi que des cas d’asphyxie. Le président du Parti pour le Renouveau du Mouvement Démocratiques (PRMD) non encore reconnu et initiateur de la marche, Yacoub Ould Lemrabott, a été arrêté ainsi que plusieurs de ses partisans. Il revenait d’une précédente arrestation il y a quelques jours, au motif qu’il avait lancé une demande aux populations de descendre dans la rue et de protester contre la hausse vertigineuse des prix et la perte du pouvoir d’achat drastique du pouvoir d’achat des populations.

Aujourd’hui, une grande partie des Mauritaniens sont mécontents de la conduite de leurs affaires par un pouvoir qu’ils jugent de liberticide et de peu intéressé par leur bien-être.

La colère est grande et plusieurs leaders politiques et d’opinion, à l’instar de la député Kadiata Malick Diallo, ont crié leur indignation, considérant que le régime au lieu de reconnaître l’impopularité de ses décisions, a préféré interdire la manifestation par crainte de l’ampleur de la mobilisation.

Kadiata Malick Diallo estime d’autre part que « les autorités gagneraient pourtant à comprendre qu’il est plus judicieux d’encadrer et de canaliser l’expression légitime des populations, plutôt que de prendre le risque de voir émerger des explosions sociales aux conséquences imprévisibles ».

Du point de vue de plusieurs observateurs, un gouvernement qui répond par la violence aux manifestations pacifiques de ses citoyens ne mérite pas qu’on s’asseye avec lui autour d’un quelconque dialogue qui, in fine, révèle son véritable objectif, obtenir le déverrouillage de la Constitution pour sa propre pérennité.

Cheikh Aïdara