Mauritanie : « Forum des diasporas mauritaniennes à l’étranger : Une tentative de détournement antidémocratique.

Birame Dah Abeid commente le Forum des diasporas mauritaniennes

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L’objectif de mieux organiser les Mauritaniens de l’étranger et de valoriser leur contribution au développement du pays, relève d’une intention louable et d’une nécessité de l’époque. Cependant, le rassemblement actuel et les conditions de sa tenue soulèvent quelques griefs de légitimité.

Les participants ne furent choisis ni mandatés selon les vœux des communautés dont ils revendiquent la proximité. Leur désignation procède essentiellement d’un processus piloté par les ambassades et les consulats. Dès lors, l’évènement ne peut être promu comme l’expression d’un besoin de la base mais renvoie, davantage, à une initiative de ravalement de façade, sous la dictée d’un pouvoir ivre de la violence et de la récurrence mécanique de ses échecs, qu’il cherche à racheter grâce à un surcroît d’activisme et d’artifices.

D’ailleurs, la réunion et sa théâtralité suscitent des interrogations quant à l’usage du denier public au moment où la Mauritanie subit des pénuries d’eau et d’électricité et un déficit constant d’emploi, en sus de sa panne structurelle de gouvernance. D’aucuns réclament, à juste titre, la publication du budget dédié à la rencontre et l’identité des bénéficiaires des marchés publics que l’entreprise d’affichage génère.

Au demeurant, la contribution des expatriés ne saurait se substituer à l’Etat, en matière de justice sociale. Le mythe du salut diasporique a vécu. L’avenir de nos compatriotes se construit ici, certes avec le concours complémentaire, de l’intérieur et du dehors.

Le fameux forum intervient également dans un contexte marqué par de vifs débats sur les atteintes aux libertés élémentaires de l’individu et des associations et l’éventualité d’un troisième mandat du chef de l’Etat actuel en violation explicite de la Constitution. Nous refusons que la diaspora soit mobilisée aux fins d’apporter sa caution à l’imposture en cours de confection. Quiconque y contribue nous trouvera en travers de son chemin et nous savons exercer notre devoir de poursuite.

Faut-il le rappeler, alors que les autorités prétendent associer les Mauritaniens de l’extérieur, nombreux parmi ceux-là se plaignent des entraves à leur droit de vote, à cause de la difficulté d’accès à l’enrôlement et, surtout, de l’éloignement et de la rareté des bureaux dévolus à l’expression du suffrage universel direct. Il en résulte une faible participation, laquelle relativise la représentativité réelle de certains élus. Aussi, l’alternative du bulletin électronique constitue-t-elle une perspective viable de réparation du tort avant les futures échéances.

La diaspora ne peut être indéfiniment perçue en source de devises ou d’investissements. Elle se compose de citoyens à titre plein, qui attendent, d’abord, un accès simplifié aux services consulaires, la protection effective de leurs revenus rapatriables et la possibilité d’élire des représentants authentiques, au Parlement.

C’est alors, seulement, que le Forum de la Diaspora pourra se tenir sur un fondement de sérénité et de transparence.

Biram Ould Dah Ould Abeid

Montréal, le 1er novembre 2026

Photos de l’assemblée générale de IRA Canada, le samedi 30 octobre 2026 à Longueuil, Montréal, Canada