Meeting de l’opposition à Nouadhibou : la ville rebelle continue de défier le pouvoir de Ghazouani

Meeting de l'opposition à Nouadhibou

NDB LEADERS

Plus d’un millier de personnes sont sorties à Nouadhibou, dimanche 5 juillet 2026, pour remplir l’espace où se déroulait le meeting de l’opposition démocratique.

Ce meeting était organisé par les trois plus grands pôles de l’opposition mauritanienne, l’Institution de l’opposition démocratique représentée par son président, Hamadi Sidi Mokhtar, président du parti islamique Tawassoul, la Coalition de l’opposition démocratique, représentée par son président, Mohamed Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP) et la Coalition pour l’Alternance, représentée par son président, Birame Dah Abeid, député et président du mouvement IRA.

Chacun des pôles susmentionnés a drainé les présidents des partis membres de leurs coalitions, ce qui représentait en soi une présence très forte et déterminée de l’ensemble des forces opposées au régime de Mohamed Cheikh Ghazouani.

Aux menues des interventions, les questions liées aux échecs patents enregistrés par le pouvoir actuel dans le domaine économique et social en particulier.

Cherté de la vie, chômage endémique des jeunes, hausse des prix des hydrocarbures et des produits de consommation, dilapidation des ressources de l’Etat et du pays, corruption, clientélisme, tribalisme, impunité, atteintes aux libertés fondamentales, mauvaise qualité voir absence des services sociaux de base, éducation, santé, eau potable, électricité, eau.

La plupart des intervenants ont décrit un tableau sombre du pays qui plonge la population dans une misère insupportable malgré les budgets colossaux de l’Etat et l’abondance des ressources naturelles du pays dans le domaine minier, gazier, halieutique, sans compter les ressources agricoles et animales.

Aujourd’hui, constatent certains leaders, le Mauritanien lambda est dans l’expectative face aux moyens d’existence, la plupart des citoyens ne parvenant plus à assurer leur alimentation quotidienne, à se soigner convenablement et à offrir à leurs enfants une éducation de qualité. Cela sans compter la soif qui frappe tous les foyers aussi bien dans les grandes villes qu’en milieu rural, d’où les revendications de plus en plus répétitives des populations, dont certaines ont bloqué des routes inter-régionales pour exprimer leur ras-le-bol.

La population de Nouadhibou venue nombreuse au meeting de l’opposition a interagi avec chaque discours par des clameurs qui ont rempli l’espace surbondée. Leurs cris de colère et leurs applaudissements, mais surtout leur présence massive ont été l’un des points marquants du meeting.

A noter que le Ministère de l’Intérieur avait dicté ses préalables à l’opposition pour l’obtention de l’autorisation pour la tenue du meeting.

Interdiction de faire des annonces publiques auprès des populations pour les informer de la tenue du meeting, interdiction de brandir les images de l’ancien président Mohamed Abdel Aziz et interdiction de participation de ses lieutenants, dont les anciens ministres Mohamed Ali Ould Mohamed Khouna et Mohamed Ould Djibril, interdiction de tout accueil populaire des leaders.

Malgré ces restrictions, le meeting aurait enregistré un franc succès, selon les organisateurs, qui se sont également félicité de l’absence du moindre incident fâcheux.

Cheikh Aïdara

 

Une nouvelle coalition de l’opposition entre en scène et veut incarner l’alternative

Une nouvelle coalition de l’opposition, baptisée « Forces du Salut », a été officiellement lancée ce lundi à Nouakchott. Réunissant trois partis politiques, trois députés et un mouvement politique, cette alliance entend fédérer les forces du changement et se positionner comme une véritable alternative au pouvoir.

La coalition regroupe le parti Al Oumrane, dirigé par Ahmed Haroun Cheikh Sidiya, Taghyir Aljad, présidé par Bilal Ramadan, ainsi que Tajdid, conduit par Yaghoub Ould Lemrabott.

Elle rassemble également les députés Mohamed Lemine Sidi Mouloud, Khally Mamadou Diallo et Mohamed Bouya Cheikh Mohamed Fadel, ainsi que le mouvement Kafana, coordonné par Mohamed Moctar Abdi.

Dans son manifeste fondateur, la coalition affirme que « le moment est venu de transformer l’aspiration populaire au changement en un projet politique structuré ». Elle dénonce une aggravation de la corruption, une dégradation continue des conditions de vie et un recul du pouvoir d’achat des Mauritaniens.

Les signataires accusent également le gouvernement d’avoir échoué à gérer les crises et à apporter des réponses équitables aux difficultés économiques, citant notamment la récente crise des carburants.

Le texte déplore en outre un recul des libertés publiques, l’enlisement du dialogue politique et une focalisation des autorités sur des « combats secondaires » au détriment des préoccupations des citoyens et de l’avenir du pays.

Se présentant comme un cadre politique national ouvert, « Forces du Salut » affiche son ambition de rassembler les partis, personnalités et forces nationales favorables au changement autour d’un projet politique « clair et responsable ».

La coalition réaffirme son engagement en faveur de la Constitution, des libertés publiques, de l’État de droit et de l’alternance démocratique. Elle rejette toute remise en cause des garanties constitutionnelles encadrant les mandats présidentiels et promet de faire de la lutte contre la corruption l’un de ses principaux combats.

Sur le plan économique et social, elle entend défendre le pouvoir d’achat des citoyens, proposer des alternatives aux politiques actuelles et relancer l’action politique de terrain.

Enfin, la nouvelle alliance annonce le lancement prochain d’un vaste programme de mobilisation nationale qui culminera avec un grand meeting populaire. Son objectif affiché est de préparer une alternative crédible, capable de gouverner « avec compétence et intégrité » et de réaliser une alternance démocratique qu’elle veut « réelle » plutôt que symbolique.