Mise au point de Biram Dah Abeid sur les sept années désastreuses de Ghazouani : Manipulation des chiffres ou/et faillite du suivi des projets ?
Birame Dah Abeid s'exprime sur les 7 ans de Ghazouani
- Publié par Aidara cheikh --
- Tuesday, 04 Aug, 2026
Dakar(Sénégal), 4 Août 2026
Le gouvernement affirme gouverner par les chiffres. Encore faut-il que les chiffres tiennent debout. Les chiffres et les incohérences mentionnés dans cette publication sont issus de l’analyse réalisée par le journaliste Cheikh Mohamed Horma, à partir des deux documents officiels publiés par le Premier ministre le 14 mars et le 30 juillet 2026 sur l’état d’avancement du Programme d’accès aux services essentiels.
Le programme d’accès aux services essentiels lancé par le Président Mohamed Ould Ghazouani en novembre 2025 représente un investissement annoncé de 260 milliards d’anciennes ouguiyas. Il concerne l’éducation, la santé, les routes, l’agriculture et l’électricité dans les onze wilayas de l’intérieur du pays.
Neuf mois après son lancement, les déclarations de Premier ministre révèlent des incohérences qui interpellent.
Quelques exemples.
Le programme prévoit l’électrification de 393 localités rurales. Pourtant, les chiffres officiels ne comptabilisent que 122 projets. Où sont passés les 271 projets restants ?
Le programme prévoit également 90 extensions de réseaux électriques. Les statistiques du Premier ministre n’en recensent que 25. Que sont devenus les 65 autres projets ?
Sur les 44 barrages annoncés, les données officielles n’en retrouvent que 33. Il manque 11 barrages.
Même constat pour les 91 postes de santé prévus. Les chiffres publiés n’en totalisent que 88.
Ces écarts ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent soit un grave dysfonctionnement dans le système de suivi des projets, soit des erreurs majeures dans les données publiées. Dans les deux cas, une conclusion s’impose.
Lorsque la base des calculs est erronée, les pourcentages annoncés perdent toute crédibilité. Et lorsque les chiffres cessent d’être fiables, c’est la confiance dans la parole publique qui s’effondre.
La véritable question n’est donc pas de multiplier les déclarations triomphalistes.
Les vraies questions sont ailleurs.
Quels projets ont réellement démarré ?
Quel est leur niveau réel d’exécution ?
Les travaux sont-ils conformes aux normes de qualité ?
Les marchés ont-ils été attribués dans le respect de la transparence et de la concurrence ?
Les entreprises retenues disposent-elles des capacités techniques et financières nécessaires ?
Les délais contractuels sont-ils respectés ?
Et surtout, les populations bénéficient-elles réellement des investissements annoncés ?
Voilà les questions auxquelles le gouvernement doit répondre avec des preuves, des données vérifiables et des constats de terrain.
Car quand les chiffres s’évaporent, les discours ne suffisent plus.
