
La ville de Nouadhibou ressemblait en ce vendredi 30 janvier 2026 à une ville assiégée. Face à la visite programmée de Birame Dah Abeid dans la ville, autorités administratives et sécuritaires s’étaient mobilisées comme si Daech allait tomber sur la cité, tant tout était quadrillé, policiers et gendarmes harnachés comme s’ils allaient affronter un envahisseur.

Une fois n’est pas coutume ! Le député et président de l’organisation anti-esclavagiste IRA, Birame Dah Abeid, a une fois de plus fait les frais du régime anti-démocratique et spartiate en place en Mauritanie, selon ses partisans. Cette démonstration de force typique des régimes militaires, d’après un militant, a eu pour théâtre d’opération la ville de Nouadhibou. Cette cité rebelle où la coalition Birame avait battu à plate-couture lors de la présidentielle de 2024, rappelle-t-on, tout un régime et son président Mohamed Cheikh Ghazouani, avec ses généraux, son parti INSAF et ses soixante satellites, son patronat, ses notables et ses cours de laudateurs.
Ce vendredi 30 janvier 2026, d’après les militants d’IRA, restera gravé dans les registres sombres de l’histoire mauritanienne. Aux tracasseries auxquelles fut confrontée la délégation de Birame Dah Abeid tout au long du parcours Nouakchott-Nouadhibou, où chaque poste de gendarmerie ou de police rivalisait en zèle, qui pour ralentir, qui pour titiller les patiences, s’ajoutèrent les essaims d’uniformes qui chassaient les foules de partisans massées à Nouadhibou pour accueillir leur leader.

Pendant ce temps, des boulevards sagement gardés par des pelotons dociles de gendarmes et de policiers, s’ouvraient devant les délégations du parti INSAF dont les colonnes de voitures rutilantes et celles des tribus sillonnent actuellement le pays en long et en large, avec tous les honneurs portés par la visite au Gorgol du président Ghazouani.
Quelqu’un rappelle : « nous sommes loin des liesses qui avaient accueillis les délégations du parti islamiste Tawassoul lors de leur tournée à Nouadhibou. Aucune tracasserie, aucune mobilisation de forces de l’ordre pour disperser les foules ».
Même les regroupements tribaux, renchérit un autre en substance, jouissent d’égards autres que ceux réservés à l’opposant le plus populaire en Mauritanie, « trois fois dauphins des présidentielles de 2014, 2019 et 2024 ».
« Le défenseur des droits de l’homme le plus primé sur le plan international et le leader le plus charismatique et le plus constant sur la scène politique nationale », constate un troisième.

Les observateurs, dont des partisans du pouvoir, n’ont pas manqué d’exprimer leur gêne face au traitement inique et injuste réservé à Birame Dah Abeid, qu’il s’agisse de ses tournées à l’intérieur du pays ou de ses retours de voyages de l’étranger. Ses partisans sont poursuivis, traqués, dispersés et oppressés. Une manœuvre que d’aucuns considèrent comme le fuel qui alimente la popularité toujours plus grande de Birame Dah Abeid. C’est surtout les répercussions de tels comportements sur le plan international, une tache d’huile sur la démocratie mauritanienne tant vantée en Mauritanie, qui risquent d’éclabousser le blason du pays, selon leur point de vue.

Les images qui tournent en boucle sur cette visite mouvementée de Birame Dah Abeid et de sa délégation à Nouadhibou alimentent actuellement les débats sur le traitement inéquitable que le régime actuel réserve à ses opposants.
Sauf que les populations de Nouadhibou ont bravé les interdits et ont offert à leur leader un accueil populaire et chaleureux, malgré la nuit et l’obscurité. Cette résilience des habitants a été saluée par Birame au cours d’un bref discours qu’il a lancé, avant de rejoindre son lieu d’hébergement.
Cheikh Aïdara