La Mauritanie épinglée pour insuffisance de transparence budgétaire Budget ouvert 2025 : la Mauritanie épinglée pour le faible contrôle budgétaire et l’absence de participation citoyenne
Tuesday, 09 Jun 2026 20:00 pm

L'Authentique

La Mauritanie affiche des résultats mitigés en matière de gouvernance budgétaire. C’est ce que révèle l’édition 2025 de l’Enquête sur le budget ouvert (Open Budget Survey), publiée par l’International Budget Partnership (IBP), une organisation internationale indépendante spécialisée dans l’évaluation de la transparence et de la redevabilité des finances publiques.

Selon ce rapport, le pays obtient une note de 42 sur 100 en matière de transparence budgétaire, 39 sur 100 pour le contrôle du budget et 0 sur 100 concernant la participation du public aux décisions budgétaires.

L’étude souligne que le Parlement mauritanien exerce un contrôle jugé faible lors des phases de préparation et d’examen du budget, tandis que sa capacité de suivi durant l’exécution budgétaire demeure limitée. Pour l’IBP, un renforcement du rôle du pouvoir législatif est indispensable afin d’améliorer la surveillance de l’utilisation des ressources publiques.

L’organisation recommande notamment que les parlementaires soient davantage associés à la définition des grandes orientations budgétaires, que les projets de loi de finances leur soient transmis plus tôt et que les travaux des commissions parlementaires soient rendus publics à travers la publication systématique de rapports d’analyse et de suivi.

Le rapport met toutefois en avant les progrès réalisés par la Cour des comptes mauritanienne. L’institution a bénéficié, ces dernières années, d’un renforcement de ses capacités institutionnelles, techniques, humaines et financières, contribuant à améliorer la qualité de ses missions de contrôle et d’audit des finances publiques.

Malgré ces avancées, l’IBP estime que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour consolider son indépendance et son efficacité. Parmi les recommandations formulées figurent la garantie d’un financement autonome et suffisant, le renforcement de la coopération avec le Parlement ainsi que la mise en place de mécanismes indépendants d’évaluation de ses activités.

L’un des constats les plus marquants du rapport concerne la participation citoyenne, qui obtient la note de zéro sur cent. Selon l’enquête, aucun mécanisme institutionnel ne permet actuellement aux citoyens ou aux organisations de la société civile de contribuer de manière effective aux différentes étapes du cycle budgétaire, qu’il s’agisse de la préparation, de l’adoption, de l’exécution ou de l’audit du budget de l’État.

Dans le classement régional présenté par l’étude, la Mauritanie se situe derrière plusieurs pays africains, notamment le Maroc (24 points), le Mali (9 points), le Sénégal (6 points), la Tunisie (6 points) et la Libye (4 points) en matière de participation publique.

Pour remédier à cette situation, le rapport préconise la création de mécanismes de consultation permettant aux citoyens, aux associations et aux organisations de la société civile de faire entendre leurs préoccupations et propositions avant l’adoption des budgets publics. Il recommande également d’ouvrir davantage les travaux parlementaires et les procédures de contrôle aux contributions citoyennes.

L’International Budget Partnership rappelle que les choix budgétaires déterminent directement la qualité des services publics, le niveau d’imposition, les investissements de l’État ainsi que l’endettement du pays. À ce titre, l’organisation estime qu’une plus grande transparence, un contrôle renforcé et une participation accrue des citoyens constituent des conditions essentielles pour garantir une gestion efficace et responsable des ressources publiques.

L’édition 2025 de l’Enquête sur le budget ouvert couvre 82 pays à travers le monde et demeure l’une des principales références internationales en matière d’évaluation de la transparence budgétaire et de la gouvernance des finances publiques.

 

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