
La Stratégie nationale sur la Paix et la Cohésion Sociale a été au centre d’une rencontre organisée mardi 30 juin 2026 sur l’initiative de Me Moctar Mamadou Diallo, point focal de la société civile et président de l'ONG « Paix, Sécurité, Assurer Egalité Homme-Femme et la Protection des droits des Enfants » (PSAEHFE).
Avaient assisté à la rencontre plusieurs leaders de la société civile en Mauritanie, en présence d’une chercheuse américaine dans le domaine de la paix et de la cohésion sociale, notamment en Afrique, où elle déclare avoir étudié quelques dizaines de stratégies.
Au cours de la session d’échanges, les participants ont fait le diagnostic des rapports entre les organisations de la société, l’Etat et les partenaires technico-financiers.
Les participants ont constaté que l’Etat mauritanien est champion dans la rédaction de belles stratégies et dans la célérité à ratifier toutes les conventions, seulement, ils sont les derniers de la classe en matière d’application.
S’en suit, selon de nombreuses interventions, la quasi existence de services de qualité et la perte de confiance des populations. Ce constat couvre, selon eux, tous les secteurs de la vie, en particulier l’éducation et la santé. Au même moment, constatent-ils, la pauvreté progresse ainsi que le chômage des jeunes.
Dans ce cadre, ils ont cité la dernière alarme lancée par l’Etat mauritanien, déclarant dix départements du pays en situation de crise, soulignant que deux parmi ces départements, Monguel et Moudjeria risquent d’être laissés pour compte faute de partenaires pour les soutenir.
Les participants ont souligné non seulement l’absence de toute volonté de l’Etat à associer et à impliquer la société civile tout au long des processus d’exécution des projets, mais ont déploré également l’inertie des agences des Nations Unies présentes en Mauritanie mais aussi celle des bailleurs de fond à qui ils reprochent leur manque de suivi-évaluation des projets qu’ils financent.
Ils ont recommandé la mise en place de réseaux puissants de la société civile capables de faire pression sur les décideurs pour les pousser vers l’application des stratégies nationales adoptées, en particulier celle relative à la paix et à la cohésion sociale. Mais également, l’affectation dès le départ d’une enveloppe destinée à la société civile différrente de celle destinée à l’Etat, dans tous les projets de financement décidés par les partenaires.
D’autres recommandations ont été formulées, telles que le renforcement de capacité des OSC dans le suivi-évaluation, le transfert de compétences et d’expériences des doyens de la société civile vers les jeunes, l’utilité de renforcer la coordination entre les organisations de la société civile, la nécessité pour les ONGS de s’imposer face à l’Etat et aux partenaires en tant qu’acteurs incontournables du développement.
Le point a été aussi mis sur l’exigence d’imposer les principes de transparence, de bonne gouvernance et de redevabilité dans la gestion des ressources publiques.
Parmi les acteurs présents à la rencontre, l’ancien sénateur Moustapha Sidat, Hamada Bneijara, président de l’ONG ADIG, Jemila Lalla Fatimata, Secrétaire général de la Plateforme des femmes du Sahel, Yandé Sall, présidente de l’ONG ABEPAD (Agir pour le Bien Être des Enfants, des Personnes Âgées et Déficientes), Salimata Sy, président de l’Association Education des Filles, Fatimata Elimane Diallo, présidente de l’ONG Assistance Education (AED), Tandia, ancien de l’UNICEF et spécialiste des questions de développement et des mouvements associatifs. Les jeunes étaient bien représentés avec Mohamed Ibrahima Sarr, responsable administratif au FONADH, Pape Camara et Yacoub Diakité, présidents d’ONGS associatives.
A l’entame de la rencontre, Me Moctar Diallo avait souhaité la bienvenue à tous les participants, en particulier la chercheuse américaine. Il avait également adressé ses vifs remerciements au Maire de Sebkha, département où s’est tenue la rencontre, mais aussi au PNUD dont le représentant a été empêché au dernier moment.
A noter que la rencontre a été réhaussée par la présence de l’ancien Wali, Sall Seydou.
Cheikh Aïdara