
La cupidité est la maîtresse de tous les abus. Des hommes dont la richesse mettra à l’abri de la pauvreté sa lignée sur plusieurs générations, sont prêts à toutes les combines et à toutes les bassesses pour amasser encore et encore de l’argent.
Dans un article du Hoffington Post, « le président américain a vu sa fortune augmenter de plus de 5 milliards de dollars depuis qu’il a entamé son second mandat. » En effet, selon cet article « en 2024, quelques semaines avant son retour à la Maison Blanche, la fortune de Donald Trump s’élevait à 2,3 milliards de dollars. Aujourd’hui, elle est de 7,6 milliards, d’après l’agence Bloomberg. Depuis qu’il a entamé son second mandat, il est devenu le président des Etats-Unis qui s’est le plus enrichi en occupant la fonction. »
Ramené à la Mauritanie, pas étonnant alors que certaines grosses fortunes n’hésitent pas à lécher les bottes des tenants du pouvoir pour toujours jouir encore et encore des privilèges indus. Leur propre fortune passe avant l’intérêt de la Mauritanie et son développement économique et social. Les dettes accumulées depuis plusieurs années et dont les objectifs ont été détournés, seront payées au double par les générations futures.
Pas étonnant, alors que le pays traverse ses plus mauvaises périodes et que la population est au bord du suicide économique, certains réclament un 3ème mandat pour un régime qui depuis plus de sept ans a du mal à brandir des réalisations réellement concrètes dans l’amélioration des conditions de vie des Mauritaniens.
Plus grave, la plus grande partie des richesses nationales, en monnaie locale ou en devise, sont enfouies dans les sous-sols des villas privées Des pratiques de thésaurisation qui perdurent depuis plusieurs décennies et qui détournent du circuit économique plusieurs milliards.
C’est pourquoi aujourd’hui, au niveau de toutes les banques et de toutes les institutions financières, l’argent neuf a disparu de la circulation. Seuls des billets froissés, endommagés, troués, sont mis à la disposition des déposants. Des billets que des milliers de main ont déjà touchés, manipulés, pliés, et qui tournent en rond, d’un coin de la Mauritanie à un autre, avant de revenir dans les banques pour être refilés aux usagers. La masse monétaire disponibile est à ces jours insuffisante pour couvrir les besoins de l’économie, d’où l’émergence et le développement spectaculaire de l’argent numérique.
Si aujourd’hui, la foi des Mauritaniens devait être testée à l’aune de leur attitude islamique vis-à-vis de l’argent, combien réussiront-ils réellement à passer ce test ? N’oublions pas que nous parlons d’une République Islamique, qui proclame l’Islam comme religion d’Etat, où le Président de la République est en passe de nier son serment solennel de ne pas toucher au nombre de mandat, où certains grands érudits, gardiens de l’orthodoxie, sont accusés d’abus de confiance, comme Cheikh Ridha, et d’autres, comme Deddew, accusés d’avoir détourné des fonds destinés aux populations de Gaza. Quel crédit accorder encore aux croyances religieuses dans un tel pays ?
D’où toute la portée accordée à ce Hadith du Prophète (PSL) qui disait que « rien ne peut remplir le ventre du fils d’Adam, sauf le sable. »