Birame dénonce la protection des puissants dans l'affaire Somelec Affaire SOMELEC : On sacrifie les exécutants pour protéger qui ?
Wednesday, 14 Oct 2026 00:00 am

L'Authentique

Renvoyer quelques responsables cités dans le rapport sur la SOMELEC, c'est se moquer du monde. Ce n'est qu'un tout petit bout de la solution.

La faute n'est pas seulement technique, elle est politique. C'est le Premier ministre qui a choisi ces hommes pour gérer l'énergie. C'est à lui d'assumer. On ne peut pas jeter les exécutants en pâture pour sauver le chef et l'exonérer de toute responsabilité.

Et ce n'est pas qu'une question de nominations. Depuis le début de la crise, le Premier ministre a cherché à couvrir la société responsable de l'incendie, qui appartient aux cousins du Président Ghazouani. Il a même menti publiquement en attribuant le matériel défectueux au régime de Aziz (2015) pour protéger cette société. Le rapport d'enquête l'a démenti : ce matériel a été acheté dans le cadre du programme de modernisation de Nouakchott et installé quelques semaines seulement avant l'incendie.

Ce n'est pas la première fois. Lors de l'enquête parlementaire sur la décennie Aziz, les noms de ses plus proches collaborateurs avaient été retirés du rapport. Hier, ils ont échappé à la justice pour dix ans de gestion, aujourd'hui ils échappent aux rapports de la Cour des Comptes, de l'IGE et à l'affaire SOMELEC. Alors, qui les protège et pourquoi ?

À la SOMELEC, on limoge les exécutants, mais celui qui les a nommés reste en place. Cette justice à deux vitesses vide les sanctions de leur sens et détruit toute crédibilité du discours officiel sur la lutte contre la corruption.

D'où ma question directe au Président de la République : Pourquoi vous accrochez-vous à des collaborateurs qui ont perdu toute confiance du peuple, qui l'ont écrasé d'impôts et de dettes ? Si l'intérêt national ne justifie pas leur maintien, alors les Mauritaniens sont en droit de penser que ce gouvernement travaille pour un clan qui a mis la main sur les richesses du pays et qui fait passer ses intérêts avant ceux de la Nation.

N'est-ce pas cela qui explique leur impunité ? Ne sont-ils pas les hommes de ce clan, les gardiens des intérêts de l'entourage présidentiel ?

Le peuple ne laissera pas fermer le dossier SOMELEC tant que toutes les responsabilités ne seront pas établies, jusqu'au sommet. Le Premier ministre doit partir. Sans cela, la lutte contre la corruption restera un slogan : on punit les petits et on protège les proches du pouvoir.

Biram Dah Abeid - 14 octobre 2026.