Ghazouani au sommet Russie/Afrique Ghazouani et le Sommet Russie Afrique, une bien maigre moisson
Thursday, 29 Oct 2026 20:00 pm

L'Authentique

Le président Mohamed Cheikh Ghazouani a pris part au 3ème Sommet Russie-Afrique qui s’est déroulé du 28 au 29 octobre 2026 à Moscou, en compagnie de plusieurs chefs d’Etat africains ainsi que des délégations de haut niveau. Il était accompagné du Ministre des Affaires étrangères et du ministre de la Justice. Mais, la délégation a rapporté dans ses valises, une bien maigre moisson.

Placé sous le thème « Pour la paix, la sécurité et le développement», le Sommet Russie-Afrique a abordé plusieurs thèmes autour desquels les discussions ont eu lieu avec le président Vladimir Poutine et ses collaborateurs.

En effet, les débats ont porté sur l’économie et le commerce, en particulier, les investissements, les infrastructures, les systèmes de paiement et la transformation numérique.

Parmi aussi les sujets abordés, la coopération énergétique et les innovations technologiques, l’approvisionnement et le développement agricole.

Mais parmi tous ces choix stratégiques, la délégation mauritanienne n’a ramené dans ces bagages qu’une moisson bien maigre qui ne rapporte rien ni au pays ni à la population. Une coopération relative à l’extradition et au transfert d’individus condamnés, et un accord dans le domaine des médias publics.

Pourtant, pas moins de 146 accords bilatéraux ont été conclus entre la Russie et plusieurs pays africains dans des domaines importants, comme la sécurité militaire, l’énergie nucléaire, l’exploitation minière et le développement d’infrastructures. Et la Mauritanie, a choisi l’extradition de criminels et la télédiffusion.

Dans le domaine de la coopération militaire et de la défense, 45 nations ont réaffirmé ses partenariats, y compris dans le domaine de la formation. La Mauritanie n’a même pas su diversifier ses partenariats avec la Russie, ne serait-ce que sur le plan des équipements militaires et des grands systèmes d’armements.

Cela se comprend, vu la coopération déjà très avancée avec l’OTAN et le bloc occidental, notamment les Etats-Unis qui ne toléreraient certainement pas que la Mauritanie aille se ravitailler chez l’ennemi ou permettre la présence sur son sol de formateurs ou de groupes paramilitaires russes.

Mais la Mauritanie aurait certainement beaucoup à gagner si elle avait approché le géant russe, Rosatom, pour signer des accords structurants à très long termes dans le domaine du nucléaire civile qui aurait pu régler nos problèmes d’électricité, comme l’ont fait le Burkina Faso, le Mali et le Maroc, pour renforcer leurs capacités énergétiques nationales. Le Maroc est un partenaire privilégié de l’OTAN, et pourtant cela ne l’a pas empêché de nouer ce genre de coopération avec la Russie. Mais la Mauritanie semble n’avoir comme problèmes que d’éventuelles personnes à extrader de la Russie ou améliorer la visibilité de son oligarchie locale.

Si tout cela ne semble pas intéresser la délégation, elle aurait dû au moins chercher des partenariats avec les Russes dans le domaine de la cartographie et de l’exploitation minière, avec le géant russe Zarubezhgeologia, un leader dans le domaine de la numérisation et de la centralisation des systèmes nationaux d’information géologique dont profite actuellement le Mali.

La Mauritanie serait également bien inspirée si elle s’était rapprochée des compagnies comme Alrosa ou Rusal dans le domaine minier où des partenariats stratégiques se sont développées entre la Russie et des pays comme la Centrafrique, le Zimbabwe, la Guinée et la RD Congo.

Cheikh Aïdara