Une manifestation d'IRA durement réprimés Les militants d’IRA durement réprimés lors d’une manifestation pacifique
Wednesday, 04 Nov 2026 19:00 pm

L'Authentique

Comme d’habitude, les militants de l’ONG antiesclavagiste IRA ont été durement réprimés par la police lors d’un sit-in pacifique organisé devant les locaux du ministère de la Justice, mercredi 5 novembre 2026.

Les manifestants étaient venus réclamer la libération de leurs camarades, Abdallahi Abou Diop, responsable du dossier des droits de l’Homme au sein de l’organisation, El Hadj Id, Coordinateur national et Bounass Ahmeida. Ces trois hommes ont été condamnés à 4 ans de prison ferme pour avoir révélé un cas d’esclavage.

Plusieurs militants ont été arrêtés et beaucoup d’autres acheminés par leurs camarades à l’hôpital national suite à des blessures infligés par la police. Même des journalistes venus couvrir l'évènement ont été battus par la police et leur travail interrompu. L'un d'eux a commenté en comparant la situation actuelle qu'il trouve pire que celui qui était en cours dans les régimes militaires d'exception. Un autre a déclaré, "la démocratie reste encore une illusion et seule periste en Mauritanie la démocratie des généraux"

Plusieurs figures du mouvement se sont exprimés. Selon leurs avis, la manifestation a été annoncée à l’avance et que leurs activités entrent dans le cadre de leurs missions en tant qu’organisation légalement reconnue sur le plan national et international. Ils déclarent qu’ils continueront malgré la répression du régime de Ould Ghazouni à manifester contre ses injustices et ses dérapages. L’emprisonnement des trois leaders du mouvement et leur condamnation traduisent selon leurs déclarations, la volonté manifeste du régime en place d’étouffer toute voix discordante, notamment à tout ce qui touche à l’esclavage et la protection des esclavagistes.

Leurs propos ont englobé tous les autres problèmes que vivent, selon eux, la Mauritanie, la vie chère, l’impunité des gabegistes, la protection des prédateurs de la Nation, qualifiant le régime de Ould Ghazouani du pire régime que la Maurtianie ait connu.

Plusieurs figures emblématiques du mouvement IRA étaient présentes à la manifestation, dont l’épouse du leader et député Birame Dah Abeid, Mme Leïla Ahmed ainsi que la députée Marième Cheikh Dieng, victime elle-aussi de la perte de son siège à l'Assemblée Nationale..

Cheikh Aidara

A ce propos, le mouvement IRA a publié un communiqué dont voici la teneur.

Les violences, les coups et les mauvais traitements infligés aux militants de l'IRA sont des pratiques inacceptables et condamnées qui ne peuvent être justifiées en aucune circonstance !

Attaquer, battre, traîner et maltraiter des militants de l'IRA en raison de leurs positions ou de leurs manifestations est une chose grave et totalement inacceptable, et n'est pas digne d'un État qui respecte sa constitution et ses lois et qui prétend respecter les libertés et les droits.

Chacun sait que l'IRA est un mouvement de défense des droits humains et que la loi garantit aux citoyens le droit de manifester pacifiquement, la liberté d'expression et le droit de défendre les opprimés. Il s'agit d'un droit inhérent, garanti par les lois et les chartes, que les autorités n'octroient pas pour ensuite retirer.

Les militants du mouvement ont le droit de manifester et d'exiger la libération de leurs camarades emprisonnés depuis un certain temps dans le cadre de ce que l'on appelle le « dossier des lanceurs d'alerte », et il est du devoir des autorités de traiter leurs manifestations conformément à la loi, et non à coups de bâtons, de matraques, de passages à tabac, de brutalités et d'insultes.

Nous disons au président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani et à son gouvernement : la répression n'est pas une solution, faire taire les voix ne crée pas de stabilité et s'en prendre aux citoyens ne fera pas taire ceux qui réclament leurs droits, mais ne fera qu'accroître le ressentiment et aggraver la perte de confiance.

Vous devez comprendre que la Mauritanie n'appartient à personne et que la Constitution n'est pas un simple document que l'on peut modifier au gré des caprices et des intérêts du pouvoir en place. Sachez que le peuple rejette toute atteinte à la Constitution et ne restera pas les bras croisés face à toute tentative de contourner la volonté populaire ou de violer les dispositions constitutionnelles.

Nous ne sommes ni partisans du chaos, ni opposés à l'État, mais plutôt à l'injustice, à l'oppression et à la violation des droits. Nous aspirons à un État de droit, où la dignité du citoyen est respectée et où les responsables de transgressions sont tenus de répondre de leurs actes, quelle que soit leur position.

Assez de répression, assez de persécution, assez de mépris des droits des citoyens. La dignité n'est pas un crime, la manifestation pacifique n'est pas une rébellion et la revendication des droits ne constitue pas une menace pour l'État.

La liberté ne sera pas supprimée, les droits ne seront pas confisqués par la force, et la constitution n'est pas la propriété du dirigeant qui peut en disposer à son gré