Soirée de Jazz à l’IFM de Nouakchott, Leila Olivesi et son groupe devant un public de passionnés

Leïla Olivesi offre une soirée de jazz à l'IFM de Nouakchott

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La pianiste franco-mauritanienne, cheffe d’orchestre, compositrice, docteur en musicologie de l’Université de Sorbonne, Leila Olivesi, fille du diplomate et écrivain Ahmed Baba Miské et de la poétesse corse d’origine magrébine, Djamila Olivesi, a offert une soirée de jazz inoubliable à l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

Cela s’est passé dans la soirée du jeudi 7 mai 2026 sur l’esplanade de la grande salle archi-comble de l’IFM devant un public mauritanien et de nombreux expatriés.

Drapée dans une melehfa rouge qu’elle a eu du mal à fixer sur ses cheveux, Leila Olivesi a presté avec grâce, distribuant de larges sourires aux amoureux du jazz venus pour la soirée. Elle était accompagnée par son groupe « African Rhapsody », à la guitare basse, Juan Villaroel, à la batterie, Donald Kontomanou, au saxophone et à la flûte, Adrien Sanchez.

Premier morceau joué, « Île va sang dire », extrait du poème du Mauricien, Maurice Durasse, un des intellectuels de la négritude, mis en musique trente ans après son recueil « La route des esclaves » par le Chœur philarmonique International. Une invite à la mer et aux rêves à flot sur les vagues de l’Océan Indien.

Le groupe enchaîne ensuite avec « Aurore ». Histoire du désert, une des richesses de la Mauritanie. L’Adrar, pays de son père, avec ses immensités, son sable fin et ses horizons infinis, ses oasis et ses imposantes montagnes. Une inspiration de sa mère qui composa ce joli poème que Leila a transformé en son musical. Un mélange de jazz et de blues, avec une batterie qui exprima toute sa puissance de feu.

Vint comme par ricochet, « Blue Chinguitty », en hommage à la terre de ses ancêtres, cette cité patrimoine qui chante 7 siècles d’histoire.

« Winter flower » s’enchaîna dans le répertoire présenté durant la soirée, un morceau qui selon Leïla Olivesi, fait penser à la rose des sables, cette roche évaporite de 10 millions d’années dont la disposition rappelle les pétales d’une rose. Ou encore, au papillon, symbole de transformation et de renouveau.

Le groupe enchaîne avec « Aïcha, la sorcière », rattachée à Aïcha Kandicha, figure mythologique et légendaire du Maghreb, en particulier au Maroc, décrite comme une créature mi-femme, mi-djinn ou un démon à l’apparence séduisante. Elle est réputée errer la nuit, utilisant sa beauté fatale pour séduire les hommes avant de les tuer ou les dévorer.

Là, le public qui répondit avec enthousiasme devait accompagner la prestation en chantant « Gaaarde serré, au creuuux de ta main droite ». Un refrain que la salle avait chanté tout au long de la magnifique prestation du groupe.

Puis, la soirée s’est allongée, avec des morceaux tout aussi envoûtant les uns que les autres.

Leïla devait avouer que cette soirée est magnifique pour la beauté de la scène et de la salle de l’IFM de Nouakchott, mais aussi pour la qualité du son. Elle dit se rappeler de sa première prestation à Nouakchott, dans un grand stade, lors du premier festival de Jazz Papis Koné en 2015, avec un petit public. Puis, elle rit, décrivant cette première expérience de magnifique.

Cheikh Aïdara