Fin du Projet IHTIRAM, la pérennisation d’une riche expérience sociale au coeur des préoccupations
Fin du Projet IHTIRAM
- Publié par Aidara cheikh --
- Friday, 28 Aug, 2026
Pendant quatre années, depuis le 23 septembre 2022, le projet IHTIRAM a accompagné, appuyé, formé et structuré des dizaines d’organisations à travers trois régions du pays, les deux Hodhs, l’Assaba et le Guidimagha. Après la clôture du projet, prévu le 31 août 2026, l’évaluation finale débouche sur un constat amer, qui pour la relève d’un projet qui a permis de professionnaliser le travail domestique, les acteurs d’abattoirs et des survivantes de l’esclavage. A quelques jours de la fin du projet IHTIRAM,
Nouakchott a abrité le 20 août 2026, un atelier national d’évaluation finale d’un processus de mise en exécution d’une approche innovante de structuration et de professionnalisation du travail domestique en Mauritanie. Il s’agissait d’un projet qui visait à lutter contre l’esclavage et les discriminations par l’autonomisation, la résilience et la professionnalisation du travail domestique.
L’atelier a regroupé l’ensemble des parties prenantes, des bénéficiaires, des structures étatiques concernées, notamment l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants et le MASEF, à travers le Centre de formation pour l’autonomisation des femmes. Etaient aussi présents, la société civile, SOS Esclaves, Free The Slaves, AMEES (Association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et de ses séquelles.)
Prenant la parole a cette occasion, le Coordinateur du projet IHTIRAM, Aboubekry Dieng, a Après avoir remercié les participants pour leur présence à l’atelier, certains malgré leurs occupations et d’autres malgré les distances parcourues, parfois des régions de l’intérieur, il a salué surtout leur sens du sacrifice et de l’engagement, ainsi que l’intérêt qu’ils portent à la thématique, liée aux pratiques esclavagistes et à la transformation des relations de dépendance en relations professionnelles.
Dieng Aboubakry a mis en exergue l’engagement constant du BIT dans son soutien pour le dialogue social, ce qui selon lui, s’aligne fortement avec sa mission, qui consiste à renforcer la promotion du travail décent dans l’économie informelle. Il a sollicité l’attention des participants ainsi que leur contribution dans l’enrichissement du rapport du consultant, en le complétant ou en y apportant leurs observations. Il les a aussi invités à tirer les leçons de cette expérience, en collaboration avec le BIT.
Aboubakry Dieng a également insisté sur le message adressé à l’ensemble des partenaires sociaux (travailleurs et employeurs) qu’il a invités à assurer la pérennité des acquis légués par le projet IHTIRAM dans le cadre d’une stratégie de suivi des victimes de la traite, dans l’accompagnement du syndicat des travailleurs domestiques à élargir leurs actions dans les autres zones du pays, pour que tous les travailleurs domestiques puissent bénéficier de la protection et de la promotion garanties par le travail décent.
Pour sa part, SOS Esclaves qui était représenté par son président et des membres du directoire, a plaidé pour une organisation plus assurée des victimes de l’esclavage et de ses séquelles. L’organisation antiesclavagiste s’est surtout félicité de la création au niveau de Bassiknou de 7 coopératives de femmes survivantes de l’esclavage, qui disposent désormais d’organisations structurées en phase de quitter l’informel pour intégrer le monde du travail formel.
De son côté, l’Association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et de ses séquelles (AMEES), à travers le syndicat des ouvriers d’abattoirs, issus des communautés serviles du Guidimagha, s’est dit satisfait du statut de travailleurs indépendants accordés à ses membres. Leur satisfaction est d’autant plus grande qu’ils disposent d’une structure organisée qui a lancé son processus de formalisation.
Le consultant international recruté pour l’évaluation du projet IHTIRAM, avait auparavant présenté des constats préliminaires de terrain, mettant en exergue certains résultats tangibles sur le nombres d’emplois créés, de survivantes formées et insérées dans la vie socioprofessionnelle, notamment dans le domaine du commerce et du travail domestique. Plusieurs participants, dont des bénéficiaires ont témoigné sur l’expérience qu’ils ont tiré du projet, en matière de promotion de leurs droits et des opportunités de formation qu’ils ont reçu tout au long de la vie du projet.
Cheikh Aïdara
