Vers un dialogue politique inclusif qui renforce la stabilité et préserve les acquis nationaux
Une Tribune de Mohamed Ould Bneijara sur le dialogue politique
- Publié par Aidara cheikh --
- Thursday, 12 Feb, 2026
Notre pays traverse actuellement une phase critique de son histoire, qui exige de nous tous un haut degré de responsabilité et de conscience ainsi qu’à placer l'intérêt national suprême au dessus de toute autre considération.
Nous avons réalisé au cours de ces dernières années des progrès considérables à des niveaux multiples : politique, sécuritaire et de développement. Toutefois, les défis auxquels nous sommes confrontés demeurent importants, qu’aucune partie, quelle que soit sa force ou sa position, ne peut relever toute seule.
Partant de cette conviction, nous, au sein de la majorité au pouvoir, croyons fermement qu'un dialogue politique honnête et responsable est la meilleure façon de promouvoir la stabilité, instaurer la confiance et préserver les acquis démocratiques. Un dialogue inclusif, non dirigé suivant la logique de domination, mais plutôt sur le respect mutuel, la reconnaissance de la diversité et la recherche ensemble de solutions réalistes aux problèmes de la nation.
Dans ce contexte, le débat croissant au sein de la société concernant le cadre constitutionnel qui régit notre vie politique ne saurait être ignoré.
La constitution n'est pas un texte rigide, mais un contrat national vivant, établi pour servir le peuple et garantir la stabilité et la continuité de l'État.
Il est naturel, voire sain, de s'interroger sur son adéquation aux exigences de la situation actuelle, compte tenu des transformations internes et régionales et des expériences des pays qui nous entourent.
Aborder la question de la révision de certaines dispositions constitutionnelles doit se faire avec calme et dans un esprit de collaboration, en évitant toute exagération ou accusation de trahison. Le débat sur la forme du système politique, les mécanismes de continuité des politiques publiques, ou les moyens de maintenir la stabilité pendant les périodes de transition, sont des sujets de discussion légitimes pour autant qu'ils restent dans le cadre légal, avec une volonté populaire claire et des garanties démocratiques claires.
Il est de notoriété publique que la continuité du pouvoir politique, alliée à la légitimité et à des résultats concrets, peut constituer un facteur de stabilisation et accélérer les réformes, notamment dans les pays qui sont encore en train de bâtir leurs institutions et de consolider leur économie.
Or, un tel cas, ne peut se faire s’il est posé, qu’à travers les institutions et en consultant le peuple, qui est souverain et source d'autorité.
Nous appelons aujourd'hui, toutes les forces politiques, majoritaires et d'opposition, la société civile et les élites intellectuelles, à s'engager dans un dialogue national calme et responsable, dans lequel nous mettons l'intérêt de la nation au-dessus de tout et nous discutons de toutes les questions sans lignes rouges, hormis l'unité du pays, sa paix civile et le respect de la volonté de son peuple.
En conclusion, nous tenons à souligner que la force des nations ne se mesure pas uniquement à l'aune de leurs textes constitutionnels, mais aussi à leur capacité à gérer les divergences, à transformer les débats en opportunités et les défis en une voie vers la réforme. Notre pays en est capable, Incha Allah, si les intentions sont sincères et les efforts complémentaires.
Mohamed Bneijara
